Happening sur la Passerelle de Hautpoul à Mazamet

Toujours en grève pour protester contre la réforme des retraites, les avocats au Barreau de CASTRES ont participé à une nouvelle action symbolique sur la Passerelle de MAZAMET, le 07 février 2020. Avec pour mot d’ordre : le grand saut c’est pour maintenant ! A 70 mètres au-dessus du sol, les avocats éprouvent le sentiment vertigineux de ce que serait leur intégration au régime universel : un saut dans le vide et un dialogue de sourd depuis un mois avec le Gouvernement. L’Assemblée Générale Extraordinaire du Barreau de Castres a voté la grève depuis le 06 janvier 2020, qui a pris la forme d’une grève illimitée et sine die depuis le 20 janvier. Le Premier Ministre devait initialement recevoir les représentants de la profession le 02 février 2020, rendez-vous de travail reporté au 04 février à 19 heures 30. Nous pensions alors qu’il s’agissait de prendre toute la mesure du mouvement historique que vivent les barreaux français qui sont en grève depuis plus d’un mois. Or, dans son Communiqué de Presse, le Chef du Gouvernement, s’est contenté de réaffirmer « sa détermination totale à mettre en œuvre un régime universel de retraites qui s’appliquera à tous les français et donc aux avocats ». Le régime actuel de retraite garanti par son autonomie, l’indépendance de la profession, composante essentielle de notre serment. Pour les avocats, et surtout les jeunes, leur intégration au régime universel va entraîner une précarisation d’une profession du droit, déjà largement paupérisée. L’image de l’avocat nantie est hors de la réalité. Avec des retraites réduites et une hausse des cotisations ; c'est l'accès au droit qui est menacé. Le choix de MAZAMET n’est pas neutre puisque la ville accueille une Maison du Droit dans laquelle les avocats au Barreau de CASTRES sont très investis, en donnant des permanences de consultation gratuite chaque semaine. La réforme des retraites, l’augmentation des cotisations, c’est aussi moins de cabinet d’avocat et donc une justice sans avocat qui sont pourtant les auxiliaires de justice de proximité. Les avocats restent en attente des préconisations du Conseil national des barreaux qui doit se réunir en Assemblée Générale.